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Ethiopie : La vallée de l’Omo


Introduction


Contrairement à nos articles précédents, nous avons décidé de proposer un article autant descriptif de la population qu’informatif concernant notre mission humanitaire.

Pourquoi la vallée de l’Omo est elle si particulière ? Quels sont les peuples qui y vivent ? Comment les avons nous aidés ? Ces trois questions seront au centre de notre unique article concernant l’Ethiopie.


Nous vous invitons à regarder notre vidéo récapitulative : « Children World Tour en Éthiopie » qui illustre en image notre semaine passée auprès des communautés.



La Vallée de l’Omo


La vallée de l’Omo est située dans le sud ouest de l’Ethiopie, proche de la frontière avec le Kenya et le Sud Soudan. Elle est mondialement connue car c’est un site préhistorique où les fossiles des premiers Hommes retrouvés à ce jour y ont été découverts : dont le plus médiatisé Lucie. Cette région doit son nom à l’Omo, une rivière qui traverse la vallée du nord au sud. Aussi, de nombreuses tribus habitent cette région considérée encore de nos jours comme le berceau de l’humanité. Elles sont souvent reconnaissables par la modification corporelle qu’elles s’appliquent : peinture, cicatrices, tatouages, piercings…


Ces tribus souffrent du changement climatique, de l’accès à l’eau, de l’accès à la nourriture ou à l’éducation. Nous avons décidé d’aider 5 des 16 tribus peuplant cette région à travers l’alimentation et l’éducation.



Les tribus de l’Omo



1- Banna






  • Population totale : 20 000

  • Population par village : 400

  • Lieu de vie : Vallée de Kev Afer

  • Religion : Animiste

  • Langage : Hamer-Banna

  • Aide Children World Tour : 50 kg de Sorghum








Le peuple Banna est le premier que nous avons visité. Proche du village Kev Afer, il faut faire quelques centaines de mètres dans des hautes herbes pour y trouver la première maison. Ils habitent face à une grande montagne qu’ils vénèrent. Ils vivent de la chasse, de l’élevage de leur bétail et de l’agriculture mise en place depuis des siècles. De ce fait, les enfants ne vont pas à l’école ; ils sont éduqués très jeune à prendre la relève pour gérer le bétail. Chaque village est extrêmement étendu puisque chaque famille est séparée les unes des autres par plusieurs dizaines de mètres. Un homme peut être marié jusqu’à 10 femmes s’il possède assez de bétail pour la famille de sa future épouse. Ici le prix pour se marier est de 10 vaches. Toutes les femmes mariées ont une coiffure similaire : elles se peignent les cheveux en rouge et se font des petites dreadlocks. En revanche, les femmes célibataires se coiffent comme elles le veulent.

Après, le chef du village nous informa de deux pratiques horribles toujours mises en place selon leurs croyances : un enfant conçu hors mariage est tué dès sa naissance. Aussi, si la première dent du bébé apparaît en haut, cela représente une malédiction pour la famille et beaucoup prennent la décision de tuer l’enfant.

Enfin, un puit fut construit il y a 15 ans pour éviter le nomadisme d’une partie de la population.




2- Hamar






  • Population totale : 40 000

  • Population par village : 400/500

  • Lieu de vie : Proche de Turmi

  • Religion : Animiste

  • Langage : Hamer-Banna

  • Aide Children World Tour : 50 kg de Sorghum








Le peuple Hamar se trouve proche de la ville principale du sud Turmi. Ils possèdent beaucoup de similitude avec le peuple Himba vivant toujours dans le nord de la Namibie. Les deux peuples se sont séparés il y a plusieurs dizaines d’années. Les hommes Hamar font jusqu’à 60km avec leurs bêtes pendant la saison sèche pour les faire boire. Ils partent parfois plusieurs semaines ; pendant ce temps là les femmes assurent la vie du village. Leurs habitations sont très rapprochées les unes des autres sans aucune végétation pour les délimiter. Les enfants ne vont pas à l’école et sont éduqués dès le plus jeune âge à la gestion des troupeaux. Les femmes possèdent de nombreuses cicatrices sur leur peau représentant le nombre d’animaux tués par le mari. Les Hamar n’ont pas beaucoup d’eau à proximité de leur village. De ce fait, ils ne savent pas nager, craignent l’eau et ne prennent jamais de douche.





3- Karo






  • Population totale : 2000

  • Population par village : 200

  • Lieu de vie : Le long de l’Omo River, Parc national Mago

  • Religion : Animiste

  • Langage : Karo

  • Aide Children World Tour : 70 euros de matériel scolaire







L’ethnie Karo est la plus petite des ethnies de l’Omo River. Ils sont entre 1500 et 2500 uniquement le long de l’Omo River. Ils vivent à la bordure du parc national Mago. Ils sont donc confrontés quotidiennement à la vie animale. Par exemple, un léopard a été aperçu la nuit près des habitations quatre jours avant notre venue. Lions, hippos, crocodiles, éléphants et buffles bordent les rives du fleuve et menacent la population. Dans cette tribu, les habitants ont la particularité de se peindre par soucis d’esthétisme. Aussi, les rites avant les mariages sont nombreux : les hommes portent des plumes sur le haut du crane, les femmes se peignent le corps et se coiffent d’une manière différente. Le prix de la dot est ici fixé à 127 chèvres pour chaque mariage. Chaque homme peut avoir jusqu’à 10 femmes si sa ressource de bétail est suffisante. Enfin, contrairement aux Hamar, le peuple Karo se lave tous les jours, nage dans la rivière et pêche du poisson en évitant les crocodiles.




4- Dassanech







  • Population totale : 40 000

  • Population par village : 300

  • Lieu de vie : Proche du village d’Omorate

  • Religion : Animiste

  • Langage : Dassanech









L’ethnie Dassanech vit dans les plaines le long de la rivière Omo proche de la frontière avec le Sud-Soudan et le Kenya. Les Dassanech traverse très fréquemment les frontières sans nécessité d’aucun document. Ils sont répartis en 8 différents clans. Chaque clan possède son chef et un chef dirige les 8 clans. Des écoles ont été récemment construites et reçoivent quelques professeurs envoyés par l’état. Concernant le mariage, le prix de la dot est ici fixé à 10 vaches et 7 chèvres. Les femmes peuvent se coiffer de 6 manières différentes mais une fois mariée les cheveux sont tirés vers l’arrière. La coiffure de la jeune fille au dessus signifie qu'elle est prête pour le mariage; elle a 15 ans. La cérémonie est célébrée par l’offrande de nombreux bijoux pour la femme et par des plumes pour l’homme. 4 mariages différents sont recensés : mariage normal choisi entre l’homme et la femme, mariage arrangé par la famille, mariage choisi et non accepté par les familles amenant à la fuite du couple et enfin le mariage familial où le petit frère du marié épouse la petite sœur de la mariée. La particularité de cette ethnie est leur habitation : ils utilisent des « huttes » faites en ferraille pour l’hiver afin de se protéger du froid et des huttes en bois pour l’été et les grandes chaleurs. Enfin, ils boivent une boisson à base de sorghum, de lait et de sang de chèvre.





5- Mursi







  • Population totale : 8000

  • Population par village : 150

  • Lieu de vie : 2h de route de Jinka, dans les montagnes

  • Religion : Animiste

  • Langage : Mursi

  • Aide Children World Tour : 50 kg de blé







La tribu Mursi est la dernière que nous avons visitée. Ils vivent dans les montagnes mais sont les plus visités par les touristes. Ici quand les hommes sont prêts à se battre, ils se peignent et se font des scarifications. Un combat sans mise à mort est organisé à l’aide d’un baton en bois. Concernant les femmes, elles s’ouvrent vers 15-16 ans la lèvre inférieure à la demande du mari. Au fil des années, ce trou labial s’agrandit à l’aide d’un plateau de plus en plus grand. Les hommes et les femmes ne partagent pratiquement rien : ils ne mangent pas ensemble et dorment chacun de leur côté. Les hommes se font des scarifications dès le plus jeune âge pour un soucis d’esthétisme mais aussi pour démontrer leur résistance au mal. Enfin, il y a 24 clans avec 24 différents chefs et un chef parmi tous les chefs. Ils se réunissent une fois par mois pour un conseil de direction ayant pour but de faire prospérer la population.




Culture commune entre les ethnies


Toutes les ethnies de l’Omo valley possèdent de nombreuses similitudes. Vous avez été nombreux à nous poser des questions sur nos réseaux sociaux concernant leur mode de vie.


Voici les réponses à certaines de vos interrogations :

- 80% de la population ne connaît pas son âge. Ils se repèrent à des évènements marquants lors de leur année de naissance. Exemple : Déo de la tribu des Hamar est né l’année de la grosse pluie d’octobre

- La polygamie est omniprésente

- Leurs deux dents du bas sont arrachés très jeunes pour deux raisons : la première pour faire passer les plantes médicinales sans avoir à ouvrir la bouche en cas de maladie grave et la deuxième par soucis d’esthétisme

- Ils nient toute maladie sexuelle (nous n’avons pas eu l’affirmation de médecin)

- Tous les hommes sont circoncis entre 15 et 18 ans et toutes les femmes sont excisées vers 8 ans

- Il est impossible de se marier pour un homme si ses grands frères ne le sont pas

- Toutes les populations sont animistes à part les guides qui ont été à l’école et sont devenus Chrétiens

- Ils fabriquent tous de la bière à base de Sorghum parfois mélangée à du sang

- Un marché est organisé par chaque ethnie pour permettre aux différents villages de s’échanger autant des biens matériels qu’alimentaires

- Les femmes construisent les habitations

- Les chefs se succèdent de père en fils

- Ils ne sont pas conscients de notre culture (tour eiffel, fast food, terrorisme…)


L’orphelinat et la famille aveugle



Arrivés à Jinka après 2 jours de minibus sur des routes terribles, nous avions en tête d’aider que des ethnies reculées. Mais la rencontre avec Mamo a changé quelque peu notre programme. Très proche des populations, il nous a organisé le tour et permis de rencontrer chacune de ces 5 ethnies. Mais il nous a aussi averti que deux familles en grand manque d’aide vivent à Jinka et qu’un geste de notre part pourrait leur changer la vie à court et moyen terme. La rencontre fut très difficile. C’est le cœur lourd que nous avons échangé ces moments. Bien que reculés et en manque de nourriture, les ethnies ont appris à vivre comme cela et leur souffrance ne se fait pas voir sur leur visage. Chez les deux familles, la misère se fit vraiment ressentir.


Premièrement, « l’orphelinat » est en fait une minuscule maison où une dame âgée de 66 ans a décidé de recueillir de nombreux enfants abandonnés dans l’hôpital de Jinka. Depuis 30 ans, elle en élève une petite dizaine. Mais elle est maintenant trop âgée pour récolter des fonds et trouver de quoi les nourrir. De ce fait, c’est Mamo qui soutient cette petite famille avec l’argent qu’il tente de récolter en ville. Parmi les enfants présents à ce jour, seulement 6 vont à l’école.

Les 8 enfants, la fondatrice et une ancienne enfant élevée ici dorment dans une pièce de 6 mètres carrés. Un matelas est utilisé par les 5 plus petits. Les autres dorment à même le sol.


Voici comment nous avons souhaité les aider :

  • Achat d’un matelas et d’un oreiller pour la dame de 66 ans. Elle s’est mise à pleurer quand nous lui avons donné tellement son dos la fait souffrir après 60 ans à dormir par terre

  • Achat de nourriture pour les trois prochains mois. L’argent récolté par Mamo servira aux mois suivants. Cela garantit à la famille de manger à sa faim pendant les 12 prochaines semaines

  • Les frais scolaires et un uniforme pour les deux enfants non scolarisés


Deuxièmement, une mère aveugle de naissance élève seule ses trois fils depuis 10 ans. Elle n’a ni travail ni mari pour l’aider quotidiennement. Malgré ce handicap, elle cuisine et s’occupe de ses trois enfants âgés de 13, 10 et 8 ans. Elle doit faire la manche ou compter sur l’aide de Mamo pour recevoir de l’argent afin de survivre. Nous avons donc aussi décider de lui acheter énormément de nourriture pour les prochains mois. Les enfants étaient adorables et conscients de la tâche quotidienne qu’ils ont à accomplir pour la survie de la famille.


Voici le tableau récapitulatif de nos dépenses en Éthiopie :



N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez aider ces familles ou partir en voyage dans la vallée de l’Omo pour rencontrer ces ethnies. Nous vous mettrons en contact avec Mamo qui se fera un plaisir de vous organiser votre séjour.


Un grand merci pour votre soutien, vos encouragements et vos nombreux retours.


À bientôt,


Children World Tour